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NAOMIE BETHEL

SOUVIENS-TOI !

REMEMBER

 

Par Naomie le 16 avril 2021 

 

Deutéronome 4/10 - Souviens-toi du jour où tu te présentas devant l’Eternel, ton Dieu, à Horeb, lorsque l’Eternel me dit : Assemble auprès de moi le peuple ! Je veux leur faire entendre mes paroles, afin qu’ils apprennent à me craindre tout le temps qu’ils vivront sur la terre ; et afin qu’ils les enseignent à leurs enfants. 

 

SHALOM 

 

Souviens- toi d'où tu viens, tel est le « maître mot » qui monte de ma mémoire. Se souvenir n'est pas toujours chose aisée, et parfois, notre inconscient nous joue des tours, enfermant dans une boite bien cadenassée certains événements de notre vie qui pèsent trop lourds. 

Je suis née en 1945, le 9 septembre plus précisément. 

A ce jour, à l'aube de cette période qui nous donne à réfléchir sur le bilan de notre vie, il me semble que je n'ai pas achevé ma course. 

Je n'ai pas peur de la mort, non pas que je la sous-estime, mais ayant remis ma vie entre les mains du Seigneur Christ Yéshua en septembre 1974, après une rencontre qui m'a fait passer de la mort à la vie, je suis sereine. La peur n'excluant pas le danger, la mort surviendra quand il sera pour moi le temps de la rencontrer. 

Jusque-là, je vais continuer à vivre, à servir le Seigneur et les membres de sa maison, l'Eglise régénérée, du mieux que je peux, comme jusqu’à présent. 

Sa bonté est infinie, sa grâce dépasse toutes mesures, mais sa sévérité et sa colère sont dangereuses. Il juge les vivants et les morts. Alors, que les morts continuent d'enterrer les morts, et que les vivants viennent à Lui et le servent. 

S'il faut me souvenir, il va me falloir ouvrir les écluses de ma mémoire et laisser le flot tumultueux de ce qui a fait ma vie depuis ma tendre enfance jusqu'à maintenant, et ça bouscule au portillon. Mes souvenirs, les bons et les mauvais, bouchonnent, arrivant comme cavalerie sur champ de bataille, et je ne sais pas par où commencer. 

 

AVANT LE SEIGNEUR 

 

Je ne suis pas un écrivain patenté, juste une personne qui, un jour, a connu le plus grand des bouleversements qui se puissent vivre dans une vie, dans une rencontre extraordinaire avec celui que je connais « personnellement » et qui porte le nom de Yéshua, Christ, Messie. Mon Sauveur et Rédempteur ! Mon Dieu ! Mon Roi ! 

Cette rencontre absolument indescriptible, va changer toute ma vie, balayant en un clin d’œil, un passé de dissonance et d'errance pour m'ouvrir les portes d'un inconnu que jamais je n'aurais supposé exister. 

Alors, je vais me souvenir, pour obéir à l'injonction de mon Seigneur, et vous faire part de ce qui peut arriver à tous et à toutes quand notre vie est confiée à celui-là même qui a donné sa vie pour chacun d'entre nous, à condition que nous acceptions d'y croire. 

Ma vie a été tumultueuse, avec plus de bas que de hauts.  J'aimerais parler de ma famille, mais je n'ai guère, en ma possession, de connaissances familiales suffisantes. Le silence... Tel était le bruit de fond qui berça mon enfance, émaillé de cris des disputes entre mes parents, et les bruits des coups qui suivaient. Sinon, à part ça, une vie « normale » dans l'anormalité d'une vie d'après-guerre marquée par tous les manques du quotidien.

La rue était mon terrain de jeux, et nous étions ainsi réunis pour faire les « quatre cents coups » une bande de marmots tous issus du même monde ouvrier. Un de mes souvenirs « amusé » mais non amusant se passe dans la cour fermée de notre immeuble de la rue Saint Maur à Paris, dans le 10ème arrondissement. C'est l'été, et comme à notre accoutumée, nous sommes réunis, tous en petites tenues (shorts et marcels) afin de laisser les parents respirer, jusqu'au prochain bébé. Très vite, nous prenons possession de notre royaume et les cris deviennent assourdissants. 

Un voisin, excédé, nous apostrophe violemment, nous intime de nous taire, ce qui n'a aucun effet sur nous. Pour marquer son impatience, l'homme, un policier (je le saurai à l'occasion) s'empare d'une cuvette remplie d'eau froide, résidu d'un pain de glace fondu. Nous sommes trempés ! On va se faire disputer par nos parents dont nous auront interrompu la sieste. 

Du troisième étage où nous occupons une seule pièce sans aucune commodité (je dis bien : aucune) mon père, en tenue légère, déboule dans cette cour, furieux. 

Virulent, il s'en prend à ce voisin « indirect » qui arrive dans la cour, à la demande de mon père. Deux coqs qui s'envoient des petits noms d'oiseaux et qui finissent par se taper dessus. Le gagnant ? Mon père, ce héros, qui après cela, nous distribue des baffes selon lui méritées. 

 

1950 ! La France souffre du manque de tout, mais nous, les enfants, nous l'ignorons. On ne nous dit rien ! Qu'est-ce donc un enfant, sinon une bouche de plus à nourrir, quand les familles vont être à l'origine du « baby-boom » dont je suis ? A table, on se tait ! Une assiette vole en l'air, la table est renversée et le dîner à terre, une joue rouge, les larmes aux yeux... C'est mon quotidien d'alors, et il le sera pour longtemps, jusqu'à ce que je découvre l'autorité que j'ai sur les autres.

 

1955 ! J'ai 10 ans ! Je suis ce que l'on appelle une enfant à problèmes, celle qui pose trop de difficultés. Je me rebelle en tout. J'ai abandonné les cours de violon, malgré les dires de mon professeur qui me croit remplie d'avenir. Premier concert vers l'âge de 7 ans, puis plus rien. Les leçons particulières sont trop chères. Dix ans ! Pas tout à fait, presque 10 ans. J'ai toujours remercié le Seigneur de m'avoir épargnée au travers de ma descendance. Je n'aurais pas pu supporter !

J'ai acquis une expérience bien assise dans le mensonge, la rapine, le vol....Je fais toutes les poches à ma portée, grandes offertes ! A l'école, j'ai accès dans les couloirs à d'autres poches... et je fais les poches de mon père, lui dérobant un immense billet de 1000 francs (pour faire vivre la maisonnée pendant un mois).

Je dépense pour des absurdités, ne me posant aucune question. Puis après toute une journée de galvaudage, je rentre, et de suite, je suis sommée de restituer l'argent. Ce que je fais, moins quelques pièces... Je ne vous dis pas la raclée méritée certes, mais celle-là pas volée. 

Une autre expérience viendra assombrir le tableau : je subis des « attouchements sexuels » depuis longtemps déjà, par un membre de ma famille proche. Silence encore, jusqu'au jour où l'omerta familiale sera brisée. Ça laisse des traces, des blessures qui surgiront jusque dans ma vie de couple. 

Je fais le désespoir de mes parents, qui ne peuvent pas trop gérer ce que je deviens, alors tombent les coups, mais je m'en moque. Je résiste. Je suis parfaitement rebelle. 

Avec mon frère préféré, nous nous éclatons dans tout ce qui est dangereux, et le monde est à nous. 

Depuis que mes parents sont revenus d'Allemagne (père déporté et mère STO, oncle disparu) la vie n’est pas facile pour eux. Ils sont jeunes et déjà à la tête d'une famille (j'ai été conçue en Allemagne – et je suis née en septembre 1945). 

Nous vivons comme la plupart des français de l'époque. Pas de place, pas d'argent, pas d'amour (au jour de son baptême, mon père, suite à une de mes réflexions, avouera que l'essentiel n'était pas dans l'amour, mais dans le pain qu'il fallait gagner). 

Je ne pense pas avoir d'autre famille que celle que je côtoie et c'est très peu. Malheureusement, quand viendra pour le moi le temps de la curiosité, c'est à dire maintenant, je vais comprendre que c'était mensonge et que nous sommes une famille très très très... nombreuse ! Des oncles et des tantes, cousins et cousines à profusion ! Je ne comprends pas pourquoi ce rejet familial. Mais y-a-t'il quelque chose à comprendre ? 

Ma mère a fait des études, pas mon père, mais j'aime mon père. Les sentiments envers ma mère sont mitigés. Je l'aime ? Je la déteste ? Je ne sais pas, mais ce que je sais, c'est qu'elle ne me parle pas, et que j'arrive au temps de l'adolescence sans soutien-gorge, ni serviette hygiénique. J'ignore tout de la vie d'une jeune fille en fleur. Mon père devra me dire ce qui m'arrive. 

A cette époque, avoir ses règles est contraignant ! Les serviettes hygiéniques sont épaisses comme matelas qu'il faut nettoyer à la main (peu de machine à laver le linge, tout se fait à la main). 

On me prétend intelligente et pleine de malice !  Je n'aime pas étudier et pourtant ma mémoire, alors, est infaillible ; du potentiel inexploité, je m'en moque ! Je sais que j'ai un avenir devant moi... J'ai de l'ambition mais je ne me donne pas les moyens pour aboutir. Je lis énormément, de manière désordonnée. Tout et rien ! Je découvre les grands auteurs, contemporains ou autres ainsi que les illustrés pour enfants, ou ma dernière découverte : les ouvrages pornographiques. Le temps passe ! Encore un petit frère, un de plus ! Si ça continue, on va pousser les murs. Je dors avec ma sœur dans un lit superposé, et mes frères au-dessus. Bonjour pour l'intimité ! 

C'est le temps des douches municipales une fois par semaine, et la bassine sur la table de la cuisine. C'est ça ou rien du tout. L'hygiène ? C'est quoi l'hygiène ? Te laver les dents devant tous, ça va encore, mais te laver les fesses.... 

Religion ! Mon père est un communiste actif et plus tard, je le deviendrai moi aussi, peut-être plus pour lui plaire que par conviction personnelle. 

On me propose (ma grand-mère (?)) de faire ma communion. Elle me parle cadeaux et robe blanche, et moi je refuse après une expérience toute relative avec les curés et le rituel. Je m'explique : un dimanche, je suis attirée par ce que j'ignore encore, et je me dirige vers l'autel afin de « communier » (je ne sais pas ce que c'est mais j'ai le désir de faire) le curé me rattrape par la manche et me dit : non ! Je me rebiffe, et je dis « oui » - il gagnera je suis trop jeune – mais je quitte cette église et jamais plus n'y retournerai, sauf pour de rares occasions. Plus tard, à 29 ans, je serai baptisée d'eau par immersion et par l'Esprit saint, et n'aurai aucun regret. 

 

1957 !  12 ans. Adieu la rue Saint Maur, bonjour la Porte des Lilas, et ses 4 grands immeubles au style nouveau. 11ème étage, ascenseur et vide-ordures ! C'est inimaginable ! 4 pièces cuisine salle de bains (baignoire sabot » où trempera, au fil du temps, le linge ou des coquillages, c'est selon !

Une chambre pour mes parents, une chambre pour les garçons, une pour les filles. Mais pas de porte entre les deux. Ces immeubles conçus style américain font partie d'un programme gouvernemental de relogement sans style mais rapide. 

Une nouvelle école, puis une nouvelle bande, celle de la rue de Belleville, celle de la Porte des Lilas ! J'apprendrais plus tard que des artistes en herbe avaient fréquenté les mêmes endroits que moi. Qui sait ?... 

Je continue ma petite vie, toujours aussi active dans ce que j'appelle alors « mon don » (vol en magasin, mensonges, faux...) 

(Par la suite, une autre "fantaisie" m'occupera. Je tire les tarots, enseignements apportés par une belle-sœur bretonne. Très vite, j'ai un certain succès. Mais c'est gratuit ! Enfin je ne fais pas payer. Elle se charge de le faire mais je ne le sais pas encore.) 

La famille ? Elle s'agrandit ! Nous sommes maintenant 5 enfants et rien ne s'arrange entre mes parents. Le train-train. 

C'est dans cette période que sera brisée l'omerta de ces « violences sexuelles » qui maintenant touche aussi mes frères et sœurs. Je n'en peux plus ! Je vais dénoncer mon grand-père ! Nous frôlons le drame sanglant ! 

Je ne suivrais pas la filière normale de la 6ème, ma mère ne m'inscrit pas ! Je passe alors directement en 4ème commerciale mais ça ne me plaît pas !  Je passerai divers examens et recevrai plusieurs diplômes, afin de prouver à mon entourage ma valeur (?). Je me propose à devenir une styliste et suis reçue dans une école appropriée dans l'art et la manière de traiter les devantures de magasins, ou encore de concevoir des motifs sur tissus.  

Je suis reçue en Ecole d'apprentissage afin de devenir étalagiste (créer  les devantures de magasins) ou encore une autre Ecole de création artistique pour la conception de tissus  et stylisme. Je suis reçue 3ème dans l'une et 7ème dans l'autre sur le département de la Seine. 

Je ne ferai rien de tout cela, je serai le bras droit de mon époux et l'assisterai dans la direction de 4 entreprises qu'il aura créées lui-même. 

 

1960 – La famille s'agrandit encore – 7 enfants, et la médaille des familles nombreuses accrochée sur un mur de l'appartement.

La guerre d'Algérie et l’OAS – l'appartement plastiqué et ma petite sœur échappe à la mort (elle joue cachée dans une armoire dans l'entrée là où la bombe a éclaté) – sur le palier des journalistes travaillant au journal l'Humanité, et dans l'immeuble un grand nombre de « camarades » Rue de Charonne à Paris... des morts et des blessés. Je rejoins les mécontents, et je vends l'Huma le dimanche. 

Le Parti a encore de beaux jours devant lui, et c'est l'époque de La Courneuve et de la fête de l'Huma ! Et de Georges Marchais idole de la C.G.T. 

1962/1963 – Un échec sentimental, la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Ma grand mère décède des suites d'un cancer (mais chut, il ne faut pas parler de cancer) et je vais tourner mes regards vers celui qui un jour deviendra un oncle. 

Je suis au deçà des contingences de la bienséance et je me moque de mon entourage. Alors, je n'hésite plus et je « m'endors »... jusqu'à mon réveil ! 

Dieu veille sur moi, je ne le sais pas encore ! Si j'avais su, je me serais épargnée bien des difficultés. Mais voilà ! 

Je travaille dans une entreprise située rue du 4 septembre à Paris, près de la Bourse. Et cela pendant une année. Mais encore une fois, je vais quitter ce poste que j'affectionne, poussée par une bougeotte chronique. N'ai-je pas fugué ? Volé ? Menti ? Bref... le palmarès est long, je m’arrête là. 

Je commence à évoluer, doucement, mais quand bien même je lis les grands auteurs, je continue à jouer les rebelles et les coups pleuvent encore sur moi. Je suis blessée par une arme blanche que me jette ma mère, mais je suis dure à la souffrance, j'en ai essuyé beaucoup (brûlée par un feu entretenu par des cantonniers, doigts et mains profondément blessés, mais chut ! Silence ! on ne dit rien, on encaisse).

(J’accoucherais de mes enfants par voies naturelles en silence ! Pas un cri, pas un mot !) 

D'autres expériences ?... Je découvre que le monde des adultes n'est pas propre, et que le mien ne vaut guère mieux. Je deviens une femme, mais je ne sais plus avec qui. 

TOUT VA DE MAL EN PIS. Paris a mal dans sa peau, j'ai mal dans la mienne. A chacun ses souffrances. 

 

1963 Dieu veille sur moi, mais je l'ignore toujours, du moins encore !

J'occupe un nouvel emploi dans une banlieue de Paris, et je viens juste de prendre un poste de secrétaire. Alors qu'en ce lundi début septembre je m'apprête à relever le courrier, une voix m’apostrophe en ces termes : il n'y a pas de courrier, je ne vous ai pas écrit. Je me tourne vers cette voix magnifique et ce que je vois l'est tout autant. C'est mon mari ! Je le sais ! Il m'avouera de suite qu'il sait que je serai son épouse. Il demande  ma main à mon père une semaine plus tard. Son départ en Algérie repoussera les noces mais nous sommes « déjà » mari et femme. 

 

1965 -  Tout concourt au bien... Un rapatriement s'impose car mon mari est malade hospitalisé à Oran, et mon père accepte le mariage. Nous sommes mineurs. Çà ne veut rien dire ! Le consentement de son père et celui du mien font que nous pouvons enfin être unis par les liens du mariage... jusqu'à ce que la mort nous sépare. Et encore, elle n'a pas pu le faire.

Mon époux doit retourner en Algérie. Je hais cela ! Mais viendra le temps du retour définitif. A Paris c'est la crise du logement – encore – et afin de trouver un logement digne de ce nom (nous vivons dans une chambre meublée) il faut s'endetter lourdement. Un fils magnifique, une fille superbe, et bien des années plus tard, le petit dernier, donné par Dieu afin d'être un disciple du Seigneur (ce sont les termes employés par le Saint Esprit).

Je suis en déprime et ça va durer 1 an. Terrible pour mon entourage, surtout pour mon époux. 

 

Ma vie est en dents de scie... Et 1974 : je connais l'auteur de mes joies, celui qui m'a toujours gardée, toujours aimée : je parle du Seigneur Yéshua.

Un déménagement juste après cela, et nous voilà installés dans une autre banlieue, Maison Alfort. Un bel appartement, un bon emploi pour nous deux, des enfants merveilleux... Que vouloir de plus ? 

Arrive alors le grand changement. 

 

APRES LE SEIGNEUR


Un avant, un après ! La vie après la mort ! Je me souviens parfaitement ce qui a été ce jour prestigieux, semblable à nul autre. 

D’emblée, tout change : un baptême puissant dans l'Esprit saint, accompagné de tous les dons de l'Esprit (sauf 1) un baptême d'eau qui sera fait sur mon insistance dans la foulée, et voilà que la « machine » se met en marche. Parle et ne te tais pas... Je vais faire de toi un feu qui va brûler les résistances, et je rendrais ton front plus dur que le diamant ! 

J'ai faim de Dieu, j'ai 29 ans et je veux être la servante du Seigneur. Il me faudra laisser derrière moi bien des choses mais je ne peux pas faire autrement. 

Paul dit que nous devons être en communion avec le Seigneur 24 heures sur 24 (je résume) je pense cela impossible après quelques mois auprès du Seigneur, je sais que c'est essentiel 45 ans après. Nous avons besoin de cette union spirituelle en continu. 

Souviens-toi ! Oui Seigneur, je me souviens de cette marche qui pendant 2 ans de suite, me tint éloignée de tous mais me garda près de toi à tes pieds, comme branchée par une perfusion qui me déverse goutte à goutte ce que tu veux me donner afin de te servir. Deux ans... Je vis une overdose et demande au Seigneur de sortir du lieu où je suis reléguée (spirituellement). Incroyable ! Je vois les choses s'accomplir, je vis en moi les événements qu'il me faut révéler ! Et Dieu accompagne ma parole par des signes, des prodiges et des miracles (une jambes handicapée remplie de plaques et boulons chirurgicaux va se rallonger des 9 cms qui lui manquent) un paralytique muet qui parle et chante et marche...Seigneur ! Tu peux tout ! 

Après la naissance du dernier de mes enfants, (ils passeront tous par les eaux du baptême) et seront baptisés de l'Esprit saint, ce sera le tour de mon époux, de mes parents aussi. 

En me forçant à me souvenir, le risque est grand de tout faire remonter à la surface, le bon comme le moins bon. Je me souviens des larmes et des cris, cris de peine ou cris de joie ! 

Je me souviens de la bonté de Dieu face aux épreuves subies dans les assemblées par ces mêmes qui se revendiquent du Seigneur – Coupable Crucifie... Pas de miséricorde, nulle pitié ! Mais Dieu à mes côtés, m'aidera dans la maladie de mon époux qui s'achèvera dans la mort. La perte des entreprises, la faillite et le déshonneur... J'ai crié Seigneur ! Je crie encore ! 

Le décès de mon époux interpella beaucoup de personnes. Quand il ferma les yeux, son esprit était accompagné de l'Esprit de l'Ange de l’Éternel qui venait le chercher. Quand je marche dans la vallée de la mort je ne crains aucun mal... Ps 23. 

Juste le temps de comprendre ce qui est, un « départ accompagné » puis plus rien. Les infirmières arrivent et me disent ce que je sais : votre mari est parti... 

Ce fut d'une rare intensité. Après 22 années sans lui, je l'aime toujours. 

Je me souviens de cette nuit où je pleure devant le trône saint. Je verse d'abondantes larmes et je vois (en vrai) ses pieds – Ce que je constate est immense, je ne saurais dire mais la représentation qui est devant moi est imposante en majesté. Deux jambes blanches comme de l’Albâtre, un torse puissant couvert d'un vêtement rougi de sang, un visage grave, des yeux remplis de larmes, un front couronné d'épines monstrueuses. Les larmes et le sang mêlés. Je ne sais que faire, alors je veux prendre de mes cheveux afin de lui essuyer le visage et ses larmes de sang, et ses pieds couverts de mes larmes et de son sang. Cheveux courts, impossible. 

Je lui demande alors si je peux me dépouiller de ma peau afin de faire ce que je veux faire. Il me regarde intensément et acquiesce. Je me dépouille comme un animal est dépouillé de sa peau. Et je peux dès lors l'essuyer. Depuis j’ai fait vœux, devant lui, de garder mes cheveux longs, en Naziréat. 

Mourir à soi même ! Tu meurs véritablement en ta chair, en ton âme, en ton esprit ! Afin de retrouver en Lui la vie. 

Le temps s'écoule, je suis demeurée veuve. Mais ce veuvage ne concerne que ma vie terrestre, car après deux mois de larmes, suite au décès de mon amour, le Seigneur me fit connaître par sa parole que dorénavant, il serait mon époux, il était mon époux. N'est-il pas le fiancé de l'église régénérée ? 

Je me souviens Seigneur de ton amour, de ta bonté, mais je me souviens de ta mort sur un bois d'infamie, où ton sang coulât pour moi. 

Seigneur ! Je me souviens de ta promesse, je me souviens ! Alors Seigneur ! Dans ta bonté, souviens-toi de moi, souviens-toi de ton peuple, souviens-toi de ceux qui espèrent en toi. 

Shalom.